Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat a accueilli, jeudi, le vernissage de l’exposition “Habba – Chajara – Zahra” (Graine – Arbre – Fleur) de l’artiste plasticien Younes Rahmoun, une proposition artistique à la fois contemplative et immersive.

Organisée par la Fondation nationale des musées (FNM), cette exposition se déploie comme un parcours sensoriel articulé autour de dix vidéos animées projetées en boucle. L’ensemble explore le cycle de la transformation : de la graine enfouie dans l’ombre jusqu’à l’éclosion de la fleur, symbole d’accomplissement et de renouveau.

Fidèle à une démarche nourrie de spiritualité et d’introspection, Younes Rahmoun façonne des espaces où chaque forme, chaque lumière et chaque rythme participent à une écriture plastique du spirituel. Son travail, à la croisée du mystique et du contemporain, élabore un vocabulaire visuel singulier, libéré de toute lecture identitaire, pour interroger l’universalité de l’expérience humaine.

L’exposition réunit deux œuvres majeures réalisées entre 2008 et aujourd’hui : l’animation vidéo en noir et blanc “Habba” et l’installation-vidéo “Zahra-Khalsa”. Ensemble, elles composent un triptyque symbolique — graine, arbre, fleur — évoquant l’éternel recommencement et la continuité du vivant.

“Habba” met en scène la trajectoire d’une graine qui, traversant l’obscurité et recevant les quatre éléments — terre, air, lumière et eau — germe pour devenir plante, puis arbre aux sept branches portant sept cents fruits, image d’une croissance infinie. Quant à “Zahra-Khalsa”, l’œuvre s’attarde sur la fleur d’olivier, incarnation de la beauté fragile et éphémère : sa brève existence annonce la naissance du fruit, à la fois nourriture et promesse d’avenir.

À travers cette proposition artistique, l’exposition souligne la dimension cyclique de l’existence, où la fin porte en elle les germes d’un recommencement, et où chaque étape participe à la pérennité du vivant.

La directrice du MMVI, Nadia Sabri, a salué une exposition invitant à la méditation spirituelle, particulièrement en cette période précédant le mois de Ramadan. De son côté, le président de la FNM, Mehdi Qotbi, a décrit l’événement comme une métaphore de l’existence humaine, où la nature devient miroir de l’âme.

Né en 1975 à Tétouan, Younes Rahmoun est diplômé de l’Institut national des beaux-arts (INBA), où il enseigne depuis 2008. Son œuvre se distingue par l’usage d’éléments simples et essentiels, mis au service d’un langage visuel universel invitant à l’introspection et à la contemplation.

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