À Rabat, une nouvelle exposition collective invite à ralentir le regard et à interroger ce qui subsiste au-delà de l’éphémère. Intitulée « Ce qui demeure » (What Remains), cette proposition artistique, inaugurée jeudi, s’inscrit dans une démarche où la matière devient mémoire et où la création dialogue avec le temps.
Portée par La Maison Qantara, en collaboration avec le Four Seasons Hotel Rabat at Kasr Al Bahr et la Gallery Kent, l’exposition rassemble plusieurs artistes féminines issues des arts plastiques et de la sculpture. Ensemble, elles esquissent un parcours sensible autour du corps, de la trace et de la transformation.
Jusqu’au 3 mai, les œuvres d’Itaf Benjelloun, Hajar El Moustaassime, Zahra Filali, Houda Rahmani et Catherine Renaud Baret composent un espace où se croisent expérimentations formelles et réflexions intimes. Chaque création semble porter en elle une mémoire silencieuse, révélée à travers la matière, la lumière et la couleur.
Chez Itaf Benjelloun, le geste sculptural s’inscrit dans une recherche autour du bas-relief et des volumes, façonnés par l’assemblage de matériaux bruts. Le choix du monochrome, loin d’être une contrainte, devient un langage, laissant émerger la richesse tactile des surfaces.
À l’opposé, ou peut-être en écho, Zahra Filali convoque l’invisible. Ses formes totémiques, surgissant de fonds obscurs, installent une tension visuelle qui oscille entre apparition et effacement. Le contraste y devient un outil de narration, ouvrant des espaces mentaux où le spectateur projette ses propres émotions.
Pensée comme une expérience immersive, l’exposition s’inscrit également dans une dynamique de collaboration entre art et hôtellerie, comme le souligne Aziza Laraki, directrice de la Gallery Kent. Installée au sein de la Galerie Warsha, dans l’enceinte du Four Seasons Rabat, elle propose un dialogue singulier entre lieu, œuvres et regard.
Au fil du parcours, « Ce qui demeure » déploie une réflexion subtile sur la mémoire et l’identité, notamment féminine, en questionnant la persistance des traces dans un monde en perpétuelle mutation. Une invitation à contempler, au-delà du visible, ce que le temps laisse derrière lui.









