L’Institut français de Fès a accueilli, vendredi dernier, le vernissage d’une exposition dédiée au nouveau cycle de création de l’artiste plasticien Samir Lyoubi, qui propose au public une expérience artistique originale autour d’un support inattendu : les écrans de télévision récupérés.
Dans cette série récente, l’artiste s’inscrit dans une démarche à la fois esthétique et écologique. En délaissant les supports classiques comme la toile ou le papier, il choisit d’investir des écrans plasma hors d’usage, qu’il transforme en véritables surfaces de création. Ces objets technologiques, autrefois vecteurs d’images en mouvement, deviennent ainsi le point de départ d’un nouveau langage plastique.
Sur la surface noire de ces écrans silencieux, l’absence de couleur devient un espace de révélation. Des formes lumineuses émergent progressivement, donnant naissance à un univers visuel qui interroge la mémoire de l’image et la seconde vie de ces objets devenus obsolètes.
À travers ce travail, l’artiste invite le visiteur à une expérience contemplative où l’imaginaire prend toute sa place. Le regard devient le véritable moteur de l’œuvre, guidant chacun dans un paysage intérieur où se mêlent perception, mémoire et sensibilité personnelle.
Dans une déclaration à la MAP, Samir Lyoubi explique avoir développé une approche artistique centrée sur l’utilisation d’écrans de télévision récupérés, qu’il considère désormais comme des supports de création à part entière. Cette démarche s’inscrit dans une réflexion écologique visant à offrir une nouvelle existence à ces objets technologiques.
Son travail repose notamment sur l’utilisation de colles et de matières picturales appliquées directement sur les surfaces des écrans, dans une démarche expérimentale qui s’éloigne volontairement des supports traditionnels de la peinture.
L’artiste souligne également que cette forme d’exploration reste encore peu répandue au Maroc, et qu’elle vise à proposer au public une manière différente d’aborder l’image et le support artistique.
De son côté, Brahim Zarkani, responsable culturel à l’Institut français de Fès, s’est réjoui d’accueillir cette exposition dans les nouveaux espaces de l’institution. Il rappelle que Samir Lyoubi, artiste autodidacte, avait déjà présenté un précédent projet il y a cinq ans.
Selon lui, cette nouvelle exposition marque une étape importante dans la démarche de l’artiste, qui poursuit une recherche plastique constante et n’hésite pas à explorer de nouveaux territoires créatifs. En abandonnant la toile pour l’écran, Samir Lyoubi transforme un objet du quotidien en un espace d’expérimentation artistique.
Intitulée “Écran d’Art”, l’exposition est à découvrir jusqu’au 31 mars à la médiathèque de l’Institut français de Fès.









